Le phallus est à la base de ma religion et de mes créations. Ainsi de toute ma vie, je n'aurais écrit que pour écrire une multitude de lettres d'amour qui procèdent de ce même humour - avec lequel tu feras connaissance, jour après jour et tout au long de ce long rouleau. |
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"Tout ce qui est excessif est bon." A bon entendeur, salut ! Lecteur, salut. Salut qu'il faudra me rendre sur-le-champ. Observe en effet comme, dans ma vie, tout concorde, s'accorde et se raccorde. Tout se coupe, se recoupe et se découpe. |
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Le sexe.Le sexe aveugle ! Le sexe borgne. Aveugle comme la canne blanche de l'aveugle. A tâtons, le sexe cherche son chemin - et combien de fois la main gracieuse et gracile de la femme le lui indiquera. Aveuglement, il tâtonne dans la nuit la plus aveugle, marquant le pas et plus bêtement encore : au lieu de guider l'aveugle, il se dresse inopinément. Il sourd, il est sourd. |
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J'aime les mots qui me parlent d'amour. J'aime les mots qui font l'amour. J'aime l'image qui fait l'image. J'aime le franc-parler. J'aime le langage du langage en amour, quand le mot devient fou et chevauche la parole folle, le rythme qui devient barbare et la rime qui s'affole et s'envole en borborygmes. J'aime le non-sens insensé de ma pensée affolée par les sens. Vaille que vaille - c'est excité par l'odeur de tes entrailles que je devrai la meilleure de mes trouvailles - et c'est inspiré de même manière qu'une faute de goût sera imputable à ce goût fou que je te voue. |
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Avec quelle fièvre j'enluminais ces pages de dessins aussi enfantins qu'érotiques ! En en-tête de ce qui était devenu mon "Rouleau-Manuscrit", cette phrase sybilline : "Ô que vous êtes belles ! Ô que je vous aime !", l'O étant l'OEIL et l'accent circonflexe la toiture de la lucarne. Roule, Jean, roule ! J'enroule ! Je déroule ! Je pris en effet l'habitude d'enrouler et dérouler le souvenir toujours cuisant de mes souvenirs pour en tirer d'étranges et violentes juissances.
Jean Benoît |
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